Journal d’un tire-au-flanc de chercheur (3) : Le samedi, le flemmard se reposa

February 14, 2009 § 1 Comment

Résumé des épisodes précédents

Le gouvernement a amplement raison, les chercheurs sont des glandeurs et ce qui manque pour les rendre plus productifs, c’est de devoir se justifier en permanence pour avoir le droit de faire de la Recherche. Au cours des épisodes précédents, nous avons suivi l’emploi du temps d’un enseignant-chercheur paresseux et qui, quoique malade, a tout de même passé le plus clair de son temps à travailler. Il faisait certainement semblant, n’en doutons pas.

Nous retrouvons notre anti-héros le samedi matin.

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Journal d’un tire-au-flanc de chercheur (2) : Vendredi 13, est-ce que ça porte chance aux paresseux ?

February 13, 2009 § 1 Comment

Résumé des épisodes précédents

Le gouvernement a amplement raison, les chercheurs sont des glandeurs et ce qui manque pour les rendre plus productifs, c’est de devoir se justifier en permanence pour avoir le droit de faire de la Recherche. Au cours des épisodes précédents, nous avons suivi l’emploi du temps d’un enseignant-chercheur paresseux, dont l’activité principale, entre 18h et 1h du matin, a consisté à travailler pendant que sa paresseuse d’épouse enseignante-chercheuse faisait de même dans la pièce à côté.

Nous retrouvons notre anti-héros le vendredi à l’aube.

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Journal d’un tire-au-flanc de chercheur (1) : Le jeudi soir du glandeur

February 13, 2009 § 1 Comment

Résumé des épisodes précédents

Le gouvernement a amplement raison, les chercheurs sont des glandeurs et ce qui manque pour les rendre plus productifs, c’est de devoir se justifier en permanence pour avoir le droit de faire de la Recherche.

Suivons donc l’emploi du temps d’un glandeur improductif et non publiant.

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Il paraît que je suis un branleur

February 12, 2009 § 4 Comments

Monsieur le Président de la République Française l’a dit quasiment en toutes lettres, madame le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche le sous-entend dans ses réformes, et on l’entend tout de même assez régulièrement dans les médias ou chez monsieur tout le monde : les enseignants-chercheurs, en France, sont payés à ne rien faire, ils ont six mois de vacances, des semaines de quatre heures. Pire que des fonctionnaires, n’est-ce pas ? Ah non, ils sont fonctionnaires. Ben voilà, ça explique tout. Et surtout, ça justifie tout.

Comme je suis paresseux, il va falloir me mettre sous tutelle bureaucratique, c’est madame Pécresse qui le dit. Dès que le décret sera passé, il va donc falloir que je remplisse des formulaires qui montreront à quel point je suis un inutile nuisible et à quel point il faut diminuer mon salaire, me faire faire nettoyer les vitres, répartir mon travail sur plusieurs universités à la fois et, plus généralement, m’interdire de faire de la recherche. Si, si.

Madame Pécresse a bien raison, et notre Président Bien-Aimé avec elle. M’empêcher de faire de la Recherche, c’est la bonne manière de résoudre la crise. Alors pour une fois, et pour manifester mon soutien au Gouvernement Liquidator, j’ai décidé de me secouer de ma flemme, d’arrêter mes pauses de 6h devant la machine à café, et d’appliquer la réforme moi-même, là, maintenant, tout de suite, sans attendre que la réforme soit passée.

Voici, en direct (lorsque ce sera possible) et en exclusivité mondiale, la tutelle bureaucratique. Pour la semaine qui vient, je vais remplir le formulaire moi-même et vous montrer, heure par heure, à quoi je passe mon temps de feignasse. Nous sommes le jeudi 12 février, il est 18h10, je m’arrêterai le jeudi 19 février à la même heure. Et en attendant, je mettrai à jour mon blog lorsque j’en aurai l’occasion, histoire de signaler ce que je suis en train de faire. À la fin, on verra combien d’heures j’ai passées à travailler, combien de temps de travail j’ai perdu pour justifier que je suis effectivement en train de travailler et que j’ai le droit de continuer à faire de la recherche, et combien à mes loisirs.

Si vous êtes chercheur et si vous avez un blog, je vous invite à faire la même chose.

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Au fait, pourquoi cette grève ?

February 9, 2009 § 7 Comments

Note Deux mois après ce billet, j’ai publié une version complétée et remise à jour, qui vous intéressera peut-être plus.

Il y a quelques heures, j’ai parlé avec des collègues enseignants-chercheurs qui, interrogés par des étudiants, venaient d’essayer de leur expliquer le pourquoi de la grève en cours dans les universités, les IUT, les IUFM et les écoles d’ingénieur. Au vu des résultats, il y a encore quelques efforts de clarté à faire, de la part des grévistes, enseignants, étudiants ou lycéens et des sympathisants à la grève.

Allez, c’est mon tour d’essayer de résumer.

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Dangereux d’être Lumière

February 1, 2009 § 2 Comments

C’est officiel, à partir du 2 février, les universités françaises sont en grève contre les réformes. La grève ne prendra pas la même forme partout, qu’il s’agisse de grèves administratives, de grève des notes, de grève des publications ou encore de grève des cours.

Plutôt que d’analyser une nouvelle fois les réformes, les discours ou interviews de Valérie Pécresse ou Nicolas Sarkozy, laissez-moi vous résumer l’un des nombreux points préoccupants des réformes, qui vous rappelleront d’autres réformes dans le domaine de l’audiovisuel ou de la justice.

Dans cette université nouvelle, la machine politique contrôle:

  • directement le financement sur chaque sujet de recherche (loi LRU, agences de moyens)
  • directement la carrière de chaque enseignant-chercheur (réforme du statut d’enseignant-chercheur / précarisation du statut d’enseignant-chercheur)
  • indirectement le salaire de chaque enseignant-chercheur (réforme du statut d’enseignant-chercheur)
  • indirectement le nombre d’heures d’enseignement de chaque enseignant-chercheur, c’est-à-dire la directement possibilité de faire de la recherche ou/et la possibilité de faire de l’enseignement (réforme du statut d’enseignant-chercheur).

En d’autres termes, le gouvernement se dote de l’attirail nécessaire pour choisir, à tout moment, ce qui doit être étudié ou ce qui doit être oublié. Ce degré de contrôle, qui est simplement absurde dans le monde des sciences dures, devient inquiétant dès qu’il s’agit d’histoire, de littérature, de sociologie ou plus généralement de sciences humaines. Un enseignant-chercheur trublion, qui travaillerait sur des sujets délicats, pourra donc voir sa carrière immédiatement foudroyée par un coup de fil à son université tutélaire.

Insistons sur ce dernier point :

Il devient dangereux de faire des recherches ou des découvertes qui fâchent.

Je vous laisse imaginer des scénarios dans tous les domaines. Personnellement, j’en vois déjà en histoire, en littérature, en sociologie, en ethnologie, en sécurité informatique, et plus généralement tous les domaines  perçus comme pouvant mettre à mal le discours officiel du gouvernement, les secrets de ses amis ou de n’importe quel grand groupe industriel français.

Cette fois, le président m’ignore

February 1, 2009 § Leave a comment

C’est bête, il n’y a pas si longtemps, Nicolas m’écrivait une lettre. Aujourd’hui, il ne veut plus me parler. Je le vois bien faire, hein, il parle à des gens que je connais, à des gens avec lesquels je travaille, mais moi, il ne veut plus me parler. C’est pas comme s’il m’avait oublié non plus, puisque c’est quand même de moi qu’il parle. Alors je ne sais pas, moi, il veut peut-être me rendre jaloux.

Pour que vous puissiez juger, je vous retranscris la conversation qu’il a eue la semaine dernière à mon sujet. Bon, c’est Nicolas qui parle, et il est meilleur en xyloglotte qu’en français, alors j’ai pris la liberté d’ajouter quelques sous-titres pour plus de clarté. Par contre, je n’ai corrigé ni l’orthographe ni la grammaire, alors ne vous offusquez pas si vous trouvez des erreurs, je crois que Nicolas n’est pas très doué non plus sur un clavier.

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La réforme du statut d’enseignant-chercheur

December 7, 2008 § 8 Comments

Note : si vous n’avez pas envie de lire ce pavé, vous pouvez vous contenter d’un résumé sur le point le plus préoccupant de la réforme, la perte d’indépendance de la Recherche, détaillé dans un autre billet.

C’est officiel, dans l’Enseignement et la Recherche, un monde nouveau s’annonce. Les enseignants-chercheurs, par exemple, ne sont plus là pour produire des nouvelles connaissances et pour les transmettre. Non, non, ils sont là pour trouver du travail aux étudiants et surtout pour être exploités, punis s’ils ne produisent pas assez ou/et si ce qu’ils produisent n’est pas du goût du chef local de section, et plus généralement traités comme du bétail. Et peu importe si presque tous les enseignants-chercheurs sont des spécialistes de niveau mondial d’un sujet précis et peu importe si les administratifs qui vont décider de leur avenir, quel que soit leur niveau de compétences, ne peuvent pas avoir les connaissances nécessaires pour juger de la qualité de leurs collègues.

Vous voulez des détails ? Alors je vous propose quelques morceaux choisis et commentés du projet de décret visant à modifier le statut des enseignants-chercheurs. Vous verrez, c’est déprimant. Pour une analyse de plus haut niveau, je vous invite à consulter aussi la note d’Olivier Beaud sur le site de Qualité de la Science Française.

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Les derniers jours de l’Enseignement et de la Recherche

November 18, 2008 § 1 Comment

Depuis l’arrivée au pouvoir de notre Président Bien-Aimé, nous avons vu les mesures et les annonces contre l’enseignement et la recherche se multiplier. Bien entendu, l’enrobage est à chaque fois différent. Lorsque l’état abandonne sa mission d’enseignement dans les collèges, en xyloglotte, on dit “privilégier la qualité sur la quantité”. Lorsqu’il s’agit de supprimer plus de 10.000 postes par an dans l’éducation nationale et de diminuer les attentes sur le niveau des lycéens, en xyloglotte, on parle de “mieux préparer à l’enseignement supérieur“. C’est que l’enseignement supérieur n’est, fort heureusement, pas en reste, puisque la LRU (vous vous souvenez de la LRU ?), secondée par le Plan Pécresse, promet d’employer dans les universités des enseignants formés pour le secondaire, tout en diminuant les exigences en cours et en fin de licence, le tout à grands coups d’heures supplémentaires qui seront peut-être payées — ou peut-être pas. N’oublions pas, à ce prix-là, qu’on démantèle ouvertement la Recherche et qu’on s’autorise à augmenter arbitrairement la charge d’enseignement des chercheurs. Bien entendu, le sabrage dans la formation des élèves et des étudiants ne serait pas complet s’il ne s’agissait pas aussi de former moins les enseignants, qu’il s’agisse de professeurs des écoles (merci pour les insultes au passage), ou de de professeurs certifiés — dans ce dernier cas, le xyloglotte parle d’allonger l’enseignement, alors qu’il s’agit en tout et pour tout d’en supprimer la partie appliquée. Ah, et la petite dernière, c’est d’envoyer les enfants en maternelle plus tard : la maternelle, ça coûte trop cher.

Je ne perdrai pas de temps à jouer aux devinettes : que veut le gouvernement ? Quelles sont les mesures qui vont passer et quels sont les écrans de fumée agités pour faire avancer en douce la médiévalisation de la société ? Je ne sais pas. Peut-être que le gouvernement n’a pas de plan ou compte sur un miracle issu du secteur privé, peut-être que l’idée est de procéder comme en Grande-Bretagne ou aux États-Unis et d”importer du Tiers-Monde les enseignants, les chercheurs, les médecins, les ingénieurs, peut-être que l’idée est juste de grapiller assez d’argent pour pouvoir baisser les impôts juste avant les prochaines élections ou encore peut-être qu’on estime que les conséquences prendront tellement de temps à se faire remarquer qu’on aura oublié qui est derrière la liquidation.

En fait, peu importe. Ce qui compte, de plus en plus, c’est de résister. C’est pour cela que je vous invite à consulter les pétitions suivantes et c’est pour cela qu’il va falloir manifester, ce jeudi et probablement encore de nombreuses fois :

Et pour vous tenir informés, comme d’habitude

L’appel du 19 juin

June 17, 2008 § 1 Comment

Sans commentaires :

Appel du 19 juin

Au passage, je pense que ceci fera une bonne entrée pour le jeu permanent “En entendrons-nous parler ?” Ça y est, j’ai fini mon tour. Aux médias.

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