Les derniers jours de l’Enseignement et de la Recherche

November 18, 2008 § 1 Comment

Depuis l’arrivée au pouvoir de notre Président Bien-Aimé, nous avons vu les mesures et les annonces contre l’enseignement et la recherche se multiplier. Bien entendu, l’enrobage est à chaque fois différent. Lorsque l’état abandonne sa mission d’enseignement dans les collèges, en xyloglotte, on dit “privilégier la qualité sur la quantité”. Lorsqu’il s’agit de supprimer plus de 10.000 postes par an dans l’éducation nationale et de diminuer les attentes sur le niveau des lycéens, en xyloglotte, on parle de “mieux préparer à l’enseignement supérieur“. C’est que l’enseignement supérieur n’est, fort heureusement, pas en reste, puisque la LRU (vous vous souvenez de la LRU ?), secondée par le Plan Pécresse, promet d’employer dans les universités des enseignants formés pour le secondaire, tout en diminuant les exigences en cours et en fin de licence, le tout à grands coups d’heures supplémentaires qui seront peut-être payées — ou peut-être pas. N’oublions pas, à ce prix-là, qu’on démantèle ouvertement la Recherche et qu’on s’autorise à augmenter arbitrairement la charge d’enseignement des chercheurs. Bien entendu, le sabrage dans la formation des élèves et des étudiants ne serait pas complet s’il ne s’agissait pas aussi de former moins les enseignants, qu’il s’agisse de professeurs des écoles (merci pour les insultes au passage), ou de de professeurs certifiés — dans ce dernier cas, le xyloglotte parle d’allonger l’enseignement, alors qu’il s’agit en tout et pour tout d’en supprimer la partie appliquée. Ah, et la petite dernière, c’est d’envoyer les enfants en maternelle plus tard : la maternelle, ça coûte trop cher.

Je ne perdrai pas de temps à jouer aux devinettes : que veut le gouvernement ? Quelles sont les mesures qui vont passer et quels sont les écrans de fumée agités pour faire avancer en douce la médiévalisation de la société ? Je ne sais pas. Peut-être que le gouvernement n’a pas de plan ou compte sur un miracle issu du secteur privé, peut-être que l’idée est de procéder comme en Grande-Bretagne ou aux États-Unis et d”importer du Tiers-Monde les enseignants, les chercheurs, les médecins, les ingénieurs, peut-être que l’idée est juste de grapiller assez d’argent pour pouvoir baisser les impôts juste avant les prochaines élections ou encore peut-être qu’on estime que les conséquences prendront tellement de temps à se faire remarquer qu’on aura oublié qui est derrière la liquidation.

En fait, peu importe. Ce qui compte, de plus en plus, c’est de résister. C’est pour cela que je vous invite à consulter les pétitions suivantes et c’est pour cela qu’il va falloir manifester, ce jeudi et probablement encore de nombreuses fois :

Et pour vous tenir informés, comme d’habitude

Et le flicage sur Internet, c’en est où ?

November 12, 2008 § 1 Comment

C’est terrible comme je n’ai pas le moral à bloguer sur les questions d’actualité ces jours-ci, probablement parce qu’il y a trop à faire et parce que notre gouvernement n’a visiblement pas la moindre intention d’écouter les réactions des citoyens.

Tout de même, un petit mot sur la liberté d’expression sur Internet. Là, notre gouvernement joue à “un pas vers le gouffre”, “un autre pas vers le gouffre”. Je ne doute pas que, conformément aux habitudes gouvernementales, l’un des deux pas se retrouve annulé au profit de l’autre. L’avenir nous dira lequel.

Un pas vers le gouffre

La loi sur la justice privée surveillance sur Internet riposte graduée a été votée il y a quelques jours par le Sénat, en première lecture. Récemment, nous avons appris que la CNIL avait émis un rapport franchement hostile à cette loi, rapport que le gouvernement avait préféré ne pas publier.  Le Sénat en a profité pour durcir la loi et, tout de même, ajouter quelques garanties d’indépendance, sans revenir ni sur la double peine, ni sur les sanctions envers les utilisateurs décidées par les entreprises privées presque sans intervention de la justice.

Et un autre

On ferme des postes dans l’Éducation Nationale et on diminue les moyens des enseignants mais, heureusement, l’argent n’est pas perdu pour tout le monde : 220.000 euros pour surveiller les réactions aux réformes, « repérer les repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau; décrypter les sources des débats et leurs modes de propagation; anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise ». Ajoutons l’ironie au flicage, puisque tout ceci est l’œuvre d’un ministère bien connu pour ne pas écouter les réactions à ses réformes.

Pour finir, l’image du jour

Where Am I?

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