03.02.08

« La rétention de sûreté n’est pas une peine mais une mesure de sécurité »

Publié dans En français / In French, Société, Sûreté / Security tagged , , , , , , , , , , , , , , , à 7:52 par yoric

La citation est de mémoire. C’était il y a moins de dix minutes, sur France 2. C’était Rachida Dati, en train d’annoncer que la rétention de sûreté allait s’appliquer rétroactivement, malgré le jugement du Conseil Constitutionnel.

C’est donc officiel, notre gouvernement vient d’introduire la possibilité d’enfermer à perpétuité et sans procès des individus supposés dangereux. Pour ceux qui n’ont pas suivi le débat, j’insiste sur les termes :

  • à perpétuité
  • sans procès
  • supposés
  • malgré le jugement du Conseil Constitutionnel.

Le tout avec pour justification pseudo-légale un précédent appliqué en Allemagne en novembre 1933 et dont le Canard Enchaîné a publié les fac-similés, signés de la main d’Adolf Hitler. Certes, à cette date-là, l’Allemagne était encore une démocratie. Mais le premier camp de concentration avait ouvert ses portes 9 mois auparavant.

Jusqu’à présent, j’ai fait beaucoup d’efforts pour éviter le point Godwin et éviter de crier au fascisme à chaque mesure xénophobe, populiste et oligarchique. J’avoue avoir de plus en plus de mal. Je me dis que la mesure n’est peut-être pas pire que Guantanamo mais c’est assez peu réconfortant. Alors si un historien ou un historien du droit lit ce blog, j’aimerais savoir s’il y a d’autres précédents de ce genre de pratique dans une démocratie.

Parce que là, nous sommes confrontés à un gouvernement qui décide d’ignorer le Conseil Constitutionnel, c’est-à-dire la Constitution. Ce genre de pratiques porte un nom. Et flirter avec l’absolutisme n’est ni une activité saine, ni même un comportement acceptable.

Un commentaire »

  1. François a dit,

    mars 5, 2008 à 5:32

    C’est vrai que prises dans le détail, certaines initiatives du gouvernement Sarkozy (pas toutes, il ne faut pas exagérer) appellent vraiment au point Godwin. Et je pense que c’est là sa force: du coup il peut crier au point Godwin dès qu’on critique ses mesures, alors que pour une fois c’est légitime que de comparer certaines de ses réformes avec celles adoptées par certaines sociétés totalitaires.

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