02.14.08

Guy Môquet est de retour

Publié dans En français / In French, Enseignement, Société tagged , , , , , , , , , , , , à 2:04 par yoric

Notre Président, qui a pourtant annoncé il y a six mois la suppression du collège unique, n’en finit pas de se servir de nos enfants pour faire passer sa parole civilisatrice.

Tenez, il y a quelques mois, notre Président Bien-Aimé (tm) entendait parler de Guy Môquet et décidait que la meilleure manière de garantir le civisme de nos enfants était de leur faire lire une lettre de résistant — et peu importe si Guy Môquait n’a jamais été un résistant, ou si la susdite lettre n’avait rien à voir avec la Résistance, le civisme ou la patrie. Non, tout ce qui importait était de trouver un instrument de pathétique pour faire pleurer dans les chaumières, pour crier haut et fort que le gouvernement entretenait la mémoire et le patriotisme et pour laisser ainsi planer doutes et soupçons sur ceux qui s’opposeraient à la mesure. Ce genre de manœuvre porte un nom : l’instrumentalisation.

Aujourd’hui, notre Président Bien-Aimé Quoique Débandé Et En Train De S’Attendre Au Pire Pour Les Élections a entendu parler de la Shoah. Alors on va garantir…euh… oui, on va entretenir la mémoire en confiant à chaque enfant le nom d’une victime de la Shoah. Total respect, monsieur le Président. Pour faire pleurer, c’est difficile de trouver plus fort. Pour la contestation, c’est encore mieux que Guy Môquet : vos adversaires politiques auront le choix entre laisser passer — et se faire taxer d’immobilisme ou d’obsolescence — ou contester — et ainsi prêter le flanc à des accusations d’antisémitisme ou du négationisme. Le seul parti qui pourrait se permettre une étiquette de ce genre, puisqu’il s’en nourrit, c’est celui du borgne, et ça servira encore le Gouvernement En Place. Un bel exemple d’instrumentalisation et de profanation.

Alors je ne sais pas pour vous, mais si jamais quelqu’un a la brillante idée, juste pour redorer son blason politique, de distribuer le nom d’un membre de ma famille mort assassiné, je porte plainte.

Et pendant ce temps-là, dans nos universités, des étudiants continuent à se faire expulser, juste pour remplir les quotas. Heureusement, la civilisation est sauve. Merci monsieur le Président.

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