10.18.07
Au revoir, Vigdor
Les éditions Vigdor ne sont plus.
Les éditions Vigdor étaient l’un des premiers éditeurs sur Internet, peut-être le tout premier. Leur histoire a commencé en 1992, en France, avec une équipe de bénévoles, des disquettes, un logiciel propriétaire écrit en Turbo Pascal, et ces disquettes ont fini par trouver leur chemin vers des librairies telles que la Fnac, Eyrolles, Interférences ou encore des bibliothèques scolaires et universitaires. En 1995, les éditions Vigdor, quelques années avant la mode, ont migré vers Internet, sur des pages fournies par AOL, écrites en HTML 2, avec un nouveau logiciel propriétaire développé cette fois avec Asymetrix Toolbook. Depuis lors, l’éditeur s’est fait un nom dans le milieu universitaire, a proposé de plus en plus de livres et de plus en plus de fonctionnalités, avec une apogée en 2003 sous la forme de leur logiciel propriétaire de consultation, Lector 4.5, et de leur logiciel propriétaire de rédaction de livres, Rector 4, tous deux utilisables sur une quantité absurde de plateformes, depuis Windows jusqu’à certaines consoles de jeux. Un peu plus tard, l’éditeur, toujours composé uniquement de bénévoles, a lancé le projet OpenBerg, dans un effort pour contribuer à l’édification d’un standard parmi les livres électroniques, standard qui permettrait notamment aux lecteurs de continuer à utiliser leurs livres des années après la faillite de l’éditeur. Simultanément, les éditions Vigdor commençaient leur transition vers le monde du logiciel libre. À cette époque, les livres des éditions Vigdor étaient disponibles à la Sorbonne, à la Bibliothèque Nationale de France, et dans de nombreuses autres institutions.
L’objectif des éditions Vigdor était de promouvoir l”édition scientifique sur médias électroniques. Même si, à l’échelle du monde, les éditions Vigdor n’étaient pas un acteur majeur, l’association a contribué à ce futur, ne serait-ce qu’en créant les premiers livres électroniques à franchir les portes du Lycée Henri IV, de la Sorbonne, de la Bibliothèque Nationale… Les éditions Vigdor auront survécu au MS-DOS, au Turbo Pascal, à Asymetrix Toolbook, à Mac OS 7 et 8, aux disquettes, à la bulle Internet. Il y a quelques semaines, suite à des désaccords internes, l’association a décidé de cesser ses activités. Ces désaccords sont liés, en partie, au projet OpenBerg, qui a progressivement pris son indépendance et grandi au-dela de ses initiateurs. À son tour, le projet OpenBerg survivra donc aux éditions Vigdor.
Au revoir, Vigdor. Tu me manqueras.
Mise à jour
On raconte que les éditions Vigdor reviendront un jour, dans une nouvelle incarnation. Bon courage et meilleurs vœux à la nouvelle équipe.
10.15.07
JStify — Appel à commentaires
Ce billet est une description de JStify, un outil que je suis en train de développer. Une fois complet, JStify sera une boîte à outils pour l’analyse statique de programmes écrits dans le langage JavaScript 2. Cette boîte à outils s’adressera aussi bien aux développeurs web qu’aux développeurs d’extensions Firefox. JStify pourra être inclus dans des applications côté client ou côté serveur et pourra être étendu avec de nouveaux types d’analyse.
Ceci est un appel à commentaires. N’hésitez pas à me faire part de vos remarques — je préférerais découvrir mes erreurs maintenant que dans deux ans.
Une tempête dans un vers bot
C’est amusant, la manière dont les médias décrivent les “hackers”. Oublions pour un moment que l’intégralité du corps journalistique confond les termes “hacker”, “cracker” et “pirate”, alors que le premier désigne l’école de pensée technologique et politique qui a donnée naissance à une bonne partie de l’informatique, Internet y compris, le deuxième quelqu’un qui va chercher activement à contourner une protection informatique et le troisième ne signifie rien de précis mais donne une image romantique ou/et assoiffée de sang.
Non, oublions tout ceci pour un moment. Les médias véhiculent une image du “hacker” boutonneux, enfermé dans sa cave, et qui cherche à embêter les honnêtes gens, généralement en sabotant leur ordinateur à distance, ou en volant leurs informations. Ah, et probablement en utilisant leur numéro de carte bleue pour s’acheter Dieu sait quoi sur Internet, le petit salopiaud. Le hacker est, c’est bien connu, le responsable unique des virus, du spam, des logiciels espions, du plantage de votre ordinateur et de celui du site web que vous comptiez fréquenter. Le hacker est, bien entendu, la raison de la course aux armements que chaque utilisateur de Windows se doit de soutenir en achetant régulièrement une nouvelle version de son anti-virus, de son pare-feu, de son anti-spyware et de son système d’exploitation. Oui, uniquement les utilisateurs de Windows, car les utilisateurs de MacOS X ou de Linux, bien entendu, rient doucement au bruit de cet argent qui coule.
Avez-vous entendu parler de Storm ?
Storm est un ver. Un ver, c’est un virus capable de se propager par Internet. Un virus, c’est un logiciel capable de modifier d’autres logiciels pour s’y cacher, et se propager ainsi de logiciel en logiciel.
Storm est aussi un Cheval de Troie. Un Cheval de Troie est un logiciel (ou, de nos jours, un mail ou un document), qui a l’air de faire quelque chose d’innocent mais qui, en douce, en profite pour faire quelque chose de dangereux.
Storm est aussi un bot. Un bot, c’est un logiciel qui, une fois installé, va permettre à quelqu’un d’autre de prendre le contrôle de l’ordinateur, à l’insu de l’utilisateur.
Storm est un parasite. Le terme n’est pas technique, mais signifie ici que le logiciel va chercher à passer inaperçu le plus longtemps possible de manière à ce que l’ordinateur infecté reste accessible par son maître. Cela signifie notamment qu’un ordinateur infecté par Storm agira comme un ordinateur normal pendant l’essentiel du temps. Lorsque Storm se servira de l’ordinateur, ce sera discrètement, sans ralentir le système, et pendant peu de temps, pour éviter la détection.
Storm est décentralisé (pair-à-pair, plus précisément). Les ordinateurs infectés par Storm communiquement (parfois) et se répartissent les rôles. Certains d’entre eux serviront à infecter d’autre ordinateurs, avant de se rendormir. D’autres serviront uniquement à relayer les messages du maître. D’autres resteront en sommeil. Si l’un des messagers est désinfecté, les ordinateurs infectés chercheront ailleurs la voix de leur maître.
Storm est polymorphe. Toutes les 30 minutes environ, la structure précise du logiciel change. Pourquoi faire ? Pour que les anti-virus aient du mal à le détecter.
Storm change de méthode d’attaque. Les développeurs de Storm l’ont déjà fait circuler dans des attachements PDF, dans des fausses cartes de vœux, dans des invitations YouTube, dans des liens sur des blogs, etc… Avec des titres qui changent régulièrement avec l’actualité.
Storm est un engin de guerre. Le mois dernier, les ordinateurs infectés par Storm ont lancé l’assaut. Non, pas contre une armée quelconque mais contre les ordinateurs des organisations de hackers qui luttent contre le spam : SpamHaus, 419eater, etc. ainsi que contre l’ordinateur de Joe Stewart, le premier à avoir publié les résultats d’une analyse de Storm. Quel intérêt ? Supprimer les sources d’informations de l’ennemi — et l’ennemi, c’est nous.
Laissez-moi en déduire une chose : Storm n’a pas été écrit par un hacker. Storm a été écrit soit réellement en préparation pour une guerre soit, plus probablement, comme outil de chantage. “Bonjour, monsieur Amazon. Payez-moi 10 million de dollars ou votre serveur arrête de fonctionner !” La technique existe depuis des années, même si, pour le moment, les maîtres-chanteurs se sont contentés d’attaquer des sites à la marge de la loi et de la moralité — des casinos en ligne, des distributeurs de pornographie sur Internet, etc. Plus récemment, elle a été appliquée à des individus. “Bonjour, monsieur X. J’ai crypté tous les fichiers de votre ordinateur. Vous ne pouvez plus y accéder. Si vous voulez la clé de décryptage, payez-moi X centaines de dollars.” D’ici quelques mois, nous verrons si les créateurs de Storm sont passés à l’échelle supérieure.
Quelques petits chiffres au passage : à en croire l’article duquel je tire les informations techniques, on estime que Storm infecte en ce moment entre 1 million et 50 millions d’ordinateurs sous Windows. Storm existe depuis un peu moins d’un an et aucun anti-virus n’est capable de le détecter de manière fiable. Storm peut très bien servir à lancer une nouvelle génération de virus avant de se révéler par une attaque majeure.
Alors, qu’est-ce qu’on fait ?
Technologiquement, il n’y a pas de solution acceptable. La seule qui marcherait serait de se débarrasser de Windows, et cela n’arrivera pas. Non, à l’heure actuelle, la seule manière envisageable d’arrêter Storm est de trouver ses auteurs et de les mettre sous les verrous. Et d’espérer que personne d’autre ne trouvera moyen de prendre le contrôle du réseau Storm.
Source: Wired.
10.14.07
La Fête est finie
Je parle, bien entendu, de la Fête de la Science, et non pas du rugby. Encore que.
Au rang des trouvailles de cette année, citons brièvement le surprenant Scratch, un environnement de développement pour enfants, coloré, qui permet de produire des programmes sans syntaxe en assemblant des briques de type Lego, sans erreurs de types possibles puisque les formes des briques ne leur permettent de s’emboîter que lorsque les types sont compatibles. À cela s’ajoutent des primitives de déplacement de personnages, de bandes dessinées ou d’effets visuels et sonores, un mini-logiciel de dessin, le tout (essentiellement) en français. Le succès a été impressionnant avec des ribambelles d’enfants en train d’essayer d’apprendre au chat à
- jongler avec la balle
- rebondir sur les murs
- marcher sur les murs
- manger des bananes
- manger des frites
- miauler
- sauter
- se coucher
- faire du basket-ball (ah non, celui-là, ce n’était pas un enfant mais un de mes étudiants)
- échapper au requin
- …
Félicitations au MIT Media Lab pour ce logiciel.
Merci à tous ceux qui ont participé à l’organisation de la Fête de la Science, merci à tous ceux qui sont venus — et à l’année prochaine !
10.13.07
Fête de la Science
Aujourd’hui, c’est la Fête de la Science. C’est le moment de foncer vers l’Université ou le Laboratoire de Recherche le plus proche de chez vous, histoire d’en apprendre un peu plus sur ce qui se passe dans le monde de la Science.
Au programme, de mon côté :
- initiation à l’Intelligence Artificielle, avec des chatterbots parlants (i.e. discuter avec l’ordinateur)
- initiation à l’algorithmique, avec des jeux de cartes
- initiation à la programmation, avec le magnifique language Scratch — si vous savez jouer aux Legos, vous savez programmer
- discussions sur le thème des Logiciels Libres.
Et puis, en tant que spectateur :
- voitures écolos
- barbapapa et laine de verre
- recyclage du papier et du verre
- lasers
- …
Bon, j’y fonce.
10.11.07
JStify — Request For Comments
Note Je mettrai en ligne sous peu une version française de ce billet.
This entry contains the description of JStify, a tool I’m currently developing. When complete, JStify will be a static analysis toolbox for the JavaScript 2 language, targetted towards both web-developers and Firefox extension developers. JStify will be embeddable inside both desktop applications and server-side applications and will support pluggable analysis modules.
This is a request for comments, so please don’t hesitate. I’d rather answer questions and find out about potential pitfalls now than after two years of work.
10.08.07
Si on ne peut même pas compter sur les All Blacks…
Je l’avoue sans difficulté, j’étais contre les Bleus. J’ai entendu dire que les All Blacks sont meilleurs, j’ai aussi entendu dire qu’ils étaient plus beaux mais non, ça n’a rien à voir. Et même si j’ai beaucoup d’amis qui déplorent que le match de samedi dernier se soit déroulé aux dépens des Nuits Blanches, ça n’a rien à voir non plus.
Non, franchement j’étais contre les Bleus depuis leur premier match du Championnat. Franchement, j’aurais bien voulu que la défaite face à l’Argentine se prolonge par une humiliation en règle aux mains de l’équipe de Namibie.
Pourquoi ? C’est à cause de Phillips. Enfin, pas seulement, mais ce qui restera gravé dans ma mémoire, c’est Phillips. Vous avez forcément vu leurs publicités : “Plaquez votre téléviseur !” — suivi d’une offre pour un écran de quatre-vingt dix mètres de diagonale pour seulement 150.000 €, à payer en trois millions de mensualités. Faudrait peut-être que je vérifie mes chiffres. Et Sony n’était pas de reste, puisqu’après tout, il est fondamental de regarder le Championnat en Haute Définition, et les autres la proposent aussi sur téléphone portable (pour pouvoir y assister dans les embouteillages ?), sur TrucBox (histoire de pouvoir se repasser au ralenti un coup de genou dans les gencives particulièrement douloureux ?), avec un hamburger tout dégoulinant dans les mains (sympa pour le canapé), sur un nouveau canapé (ah, ben alors tout va bien), dans une nouvelle bagnole (c’est sûr, une fois qu’on a investi dans le téléphone, à ce prix-là, autant passer des embouteillages confortables), avec un nouveau cartable (sur le siège arrière, et fais gaffe à pas dégueulasser ma nouvelle voiture), de nouvelles chaussures (pour s’entraîner au coup de genou dans les gencives susmentionné ?) et, bien entendu, au café du coin (pour le coup, rien à redire, ça, c’est sympa), attablé devant une douzaine de bières (‘tain, fais un peu gaffe à mes nouvelles pompes !)
Vous avez une idée du budget pub ? Non, moi non plus. Ça doit se chiffrer en milliards. Vous savez qui va acheter tout ça ? Voyons, qui pourrait avoir enve ou besoin de dépenser de l’argent pour se sentir dans le coup, membre de la communauté, voire, n’ayons pas peur des mots, français ? Hein ? Un indice, ça ne sera pas moi. D’ailleurs, je doute qu’on puisse vendre tout ce fatras à quelqu’un qui a déjà l’impression qu’il a un rôle dans la vie, une utilité, ou au moins des ambitions, et qu’il n’a rien à prouver en brandissant un ch’tit drapeau avec un ballon ovale.
Non, le téléviseur, c’est chez un smicard qu’il va finir, quelqu’un en doute ? Un smicard ou un rmiste qui va s’endetter pour l’occasion, et puis aussi acheter de nouvelles chaussures à ses enfants, et un sandwich labellisé “Allez les Bleus !” par une entreprise typiquement française telle que McDonalds. Parce que c’est pas les riches qui consomment, parce qu’une coupe de rugby, c’est tout de même une fête populaire, et parce que celle-ci est totalement dévoyée.
Soyons clair sur une ou deux choses. Je n’ai rien contre le rugby. Il m’est déjà arrivé de suivre des matchs et on raconte même que j’aurais été vu au Parc des Princes, il y a quelques années, en train de siffler pour encourager un passage de ballon entre sympathiques bedaines pleines de cassoulet. Je me souviens même d’être rentré chez moi, il y a un paquet d’années, couvert de terre et avec le dos en compote suite à une mêlée un peu rude. Oui, je sais, c’est surprenant avec mon physique de Kermit, mais on a le droit de s’amuser. Non, le rugby, c’est sympathique. Ce n’est pas mon sport favori — je préfère quand les gens se filent des mandales ou essayent de se déboîter l’épaule à coups de dents — mais c’est sympathique. Pire que ça, je n’ai rien contre les Bleus eux-mêmes. Par contre, la professionalisation du rugby m’exaspère profondément. On a perdu tout ce qui rendait le rugby sympathique, justement, le cassoulet, les armoires à glace qui font facteur ou chauffeur pendant la journée, et qui se retrouvent devant les caméras de FR3. À la place, on a trouvé une pompe à pognon, façon paillettes, demi-dieux, pain et jeux et TF1. Ah, et puis la lettre de Guy Môquet, toujours à sa place dès qu’il est question d’instrumentalisation politique.
Tiens, ça me fait penser que j’ai entendu quelques autres slogans pendant la Coupe du Monde. Des choses du genre “Pendant la Coupe du Monde, plaquez les Droits de l’Homme en Birmanie” (et la variante “Laissez la Chine s’assurer que la junte birmane respectera les Droits de l’Homme”, avec une ONU hypothéquée sur 3 générations). Des choses du genre “C’est un détail”, ou encore “Pourquoi traiter les immigrés comme des êtres humains ?”, ou encore “Par défaut, ils doivent bien être coupables, non ?” avec à la clé une réécriture de la Constitution qui permettra d’ailleurs aussi bien aux assureurs et aux employeurs de faire tester l’ADN de leurs clients / employés. Loin des ordinateurs polluants à 700 €, notons aussi la sortie du XO, un ordinateur portable à 200$ (400$ au total, en fait, puisqu’on est obligé d’en offrir un à un enfant du Tiers-Monde pour pouvoir s’en acheter un soi-même), éducatif, plus robuste que les laptops du commerce, qui n’a pas besoin d’être configuré, qui se charge à l’énergie solaire ou avec un yo-yo et qui peut partager sa connexion Internet avec tout le monde gratuitement. Pas trop loin non plus, Microsoft propose gentiment de centraliser les informations sur votre santé, l’Uganda lance une usine de médicaments contre le SIDA, la Russie ignore totalement l’anniversaire d’une de ses journalistes assassinée et un Palestinien est successivement disparu, torturé et tué, probablement aux mains du “Glaive vertueux de l’Islam”. De retour en France, les mal-logés (tiens, encore des migrants) continuent à camper rue de la Banque, à Paris, pendant qu’un nouveau slogan se profile, sur le thème “Tant qu’à traiter les sans-papiers comme des sous-hommes, autant les laisser crever de froid dans la rue.” Littéralement.
Non, franchement, j’aurais vraiment voulu que la Namibie botte le cul à la France. Ou, à défaut, les All Blacks. Le rugby aurait eu une chance de redevenir un sport d’amateurs au lieu d’un carton-pâte médiatique. Et on aurait un peu mieux entendu les slogans qui comptent vraiment.
Là, tout ce qu’il me restera, c’est Phillips. Et, en arrière-plan, Liquidator.
10.06.07
Cause toujours, qu’ils disaient…
Je sais, je devrais m’insurger contre les tests ADN. Mais là, désolé, je n’ai pas la force, je suis trop écœuré. Je me contenterai donc de vous rappeler l’existence de deux pétitions :
- les chercheurs, qui refusent que leurs travaux soient utilisés pour traiter des êtres humains comme des animaux ;
- SOS Racisme et Charlie Hebdo, qui sont tout simplement dégoûtés.
Et si ça ne suffit pas — puisque ça ne suffit pas — Éducation Sans Frontières a déjà montré l’exemple en organisant la dissimulation de familles de sans-papiers. Oui, nous en sommes arrivés là.